Le cdH vise le bien-être avant tout

Le cdH vise le bien-être avant tout

Nos têtes de liste André Antoine et Olivier Vanham sous la plume d’Arnaud Huppertz de l’Avenir. Interviews à (re)découvrir ci-dessous…

André Antoine : « Des réalisations, pas des incantations »

André Antoine veut démontrer, par l’exemple, que le cdH ne se contente pas de promesses.

André Antoine, la campagne est assez clivante. Comment le cdH peut-il s’affirmer dans ce clivage gauche-droite ?

Ce qui nous anime, au cdH, c’est l’humain. On n’oppose pas les libertés à la solidarité. Le clivage gauche-droite est un clivage dépassé. Est-ce que concilier vie familiale et vie professionnelle, c’est une question de gauche ou de droite? Est-ce que la sauvegarde du climat, c’est de gauche ou de droite? Au cdH, on travaille pour apporter des solutions, en prenant nos responsabilités et sans dénigrer les autres. Nous visons le bien-être avant tout.

Le Brabant wallon doit faire face à des défis aux deux extrémités de la pyramide des âges. Il manque des places d’accueil pour la petite enfance et les personnes âgées.

Madame Ryckmans peut me traiter de donneur de leçons (notre édition de lundi) mais, je m’excuse, quel homme politique a créé 250 places pour la petite enfance. C’est ce que j’ai fait avec l’ASBL CRFE. Et ça, ce n’est pas du bla-bla, c’est du concret au quotidien. Nous avons besoin, cela dit, de 600 nouvelles places. Mais, s’il faut travailler sur le quantitatif, il faut aussi travailler sur le qualitatif de l’accueil. Il faudrait trois puéricultrices pour 14 enfants, plutôt que deux. Le premier défi, pour les aînés, c’est de leur permettre de continuer à vivre chez eux grâce aux soins à domicile. Le cdH est le premier parti à avoir défendu l’assurance autonomie. Il faut aussi davantage de résidences services et de lits publics en maison de repos. Pour pouvoir concilier confort et pris supportable. Les financements sont prêts. Il ne manque plus que les projets.

Quelle est la position du cdH à propos du décret inscriptions ? Stop ou encore ?

Il faut répondre au besoin d’écoles en Brabant wallon. Quel est le parti qui s’est battu seul contre tous pour ouvrir une école à Perwez? École qui est aujourd’hui saturée. Il y a aussi l’école Nespa que Marie-Martine Schyns a autorisée à Villers-la-Ville. Il y a l’école Damien à Genappe et bientôt une nouvelle école à Rixensart. Il faut aussi s’assurer que toutes les écoles soient des écoles de qualité. C’est ce qui a été fait via le pacte d’excellence. Une fois qu’il y aura assez d’écoles et qu’elles seront toutes de qualité, le décret ne sera plus utile. Il pourra être supprimé.

Le fossé n’arrête pas de grandir entre le citoyen et le politique. Que faire pour le réduire ?

Écolo a occupé la présidence du parlement wallon avant moi. Et pourtant, ils n’ont rien fait pour la participation citoyenne. Depuis que je suis président, il y a eu deux panels citoyens. Il est possible d’envoyer une pétition par voie électronique avec l’obligation pour les députés d’en tenir compte. Et le parlement a rendu possible la consultation populaire d’initiative citoyenne. Ce ne sont pas des incantations, comme avec certains, mais des réalisations.

La mobilité est problématique en Brabant wallon. L’offre de bus est-elle suffisante ?

Nous voulons investir 115 millions dans les TEC en Wallonie. Ce qui permettrait de doubler l’offre en Brabant wallon. Notre plan, c’est d’avoir au moins un Proxibus par communes. De quoi rabattre vers les Rapidobus. Des autocars confortables, équipés de wifi qui circuleraient rapidement, notamment sur les bandes d’arrêt d’urgence. Nous devons aussi faire des efforts pour le réseau cyclable en mettant en place de véritables autoroutes pour vélo, en site propre sécurisé.

Olivier Vanham : « Un demi-milliard pour refinancer la justice »

Le cdH veut que la justice puisse être rendue dans des délais raisonnables et est prêt à investir 500 millions pour y parvenir.

La situation de la justice vous inquiète. Pour vous, il faut refinancer.

La situation devient de pire en pire. Le manque de moyens et de personnel ne permet plus de rendre la justice dans des délais corrects. C’est pourquoi Maxime Prévot a annoncé que le cdH s’engageait à investir un demi-milliard pour dans la justice. Il y a urgence. Ce demi-milliard sera consacré au personnel et au matériel, y compris informatique, pour pouvoir travailler avec plus de réalité.

Le RER va être terminé. C’est un motif de félicitations pour le gouvernement sortant?

Je ne dirais pas ça, non. Ce dossier est un peu scandaleux. Je suis très choqué par le barnum qui a entouré la reprise des travaux. Comme si ce coup de com pouvait faire oublier les errements de Jacqueline Galant. Comme si ça allait faire oublier que le chantier était à l’arrêt depuis quatre ans. Je veux bien entendre que la responsabilité de plusieurs gouvernements est engagée. Mais cela ne signifie pas que celui-ci est exempt de tout reproche. Le bilan du gouvernement n’est pas fameux quand il s’agit de la SNCB. Il faut réinvestir dans le rail.

 La phrase de la législature restera le «Jobs, jobs, jobs» de Charles Michel.

Selon nos évaluations, le tax-shift a permis de créer 65 000 emplois. Mais il a coûté 3,6 milliards en réduction patronale. Ce qui fait un coût d’environ 55 000€ par emploi créé. Il faut reconnaître que c’est un coût élevé. Je pense qu’il aurait été plus inspiré d’investir dans les soins de santé, dans l’éducation. Cela aurait aussi permis de créer de nombreux emplois. Je rappelle tout de même que le gouvernement laisse un déficit de 11 milliards d’euros.

Où trouvez-vous de nouveaux moyens?

Le bilan du gouvernement en matière de lutte contre l’évasion fiscale n’est clairement pas la hauteur malgré les promesses. Mais, avec des partis comme le MR et la N-VA, on peut imaginer un certain manque de volonté.

À quel âge faut-il fixer l’âge de la pension ?

Annoncer un retour de l’âge de la pension à 65 ans ne serait pas en phase avec la réalité. L’important, c’est surtout de prendre des mesures qui permettent le maintien effectif des plus âgés au travail. Et, bien sûr, il faut pouvoir tenir compte de la pénibilité de certains métiers. Il ne faut pas appliquer la limite de 67 ans de façon aveugle.

Le climat est quasiment le sujet central de cette campagne. Du pain bénit pour les écolos…

Je suis intimement convaincu que le cdH est le parti le plus à même de pouvoir répondre aux enjeux climatiques sans tomber dans des positions dogmatiques. Il faut pouvoir prendre des décisions sans que le pouvoir d’achat des gens n’en souffre. Il ne faudrait pas opposer gilets verts et gilets jaunes. Les revendications des citoyens qui ont du mal à joindre les deux bouts sont tout aussi importantes.

Interview : Arnaud HUPPERTZ
Source : lavenir.net

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