Les communes « zéro plastiques »

Les communes « zéro plastiques »

Professeur de chimie à l’Ulg, Rudi Cloots, 3e effectif sur la liste humaniste au Fédéral, est aussi un chercheur particulièrement interpellé par la question de la préservation de notre environnement. Le plastique, à jeter aux oubliettes de l’histoire ? Pas si vite, pour le professeur Cloots ! Faisons la part des chose et gardons la tête froide…

Les communes « zéro plastique », on en parle. A l’initiative du conseiller communal (et député) Jean-Paul Wahl (Jodoigne), certaines communes brabançonnes se lancent dans une démarche éco-responsable, celle de faire de leur commune, des communes « zéro plastique ». L’objectif paraît ambitieux certes, mais il est d’autant plus pertinent que nous sommes confrontés à un vrai problème d’environnement. Il faut savoir que bon nombre de nos plastiques du quotidien finissent soit à l’incinérateur, soit en centre d’enfouissement, soit dans les lacs, les rivières, les mers et les océans. Nous devons donc changer nos modes de vie, changer nos habitudes, prendre des dispositions afin d’éviter que des déchets plastiques ne se retrouvent dans notre environnement.

Bien sur qu’il existe des filières de recyclage du plastique (et tant mieux). Notons cependant que la plupart des filières sont saturées, qu’il nous faudrait investir dans de nouvelles filières (la Région Wallonne lance un vaste programme scientifique de développement de filières de recyclage nouvelles du plastique. On parle d’un budget qui doit avoisiner les 60.000.000 d’euros). Scientifiquement j’ai bien quelques idées, quelques projets que je laisserai à l’appréciation des personnes compétentes. Ca prendra du temps, et il faut le faire. En attendant de trouver mieux, soyons donc responsable! Il n’est donc pas anodin de mobiliser les citoyens afin qu’ils adoptent les bons gestes. On dit toujours que l’exemple vient d’en haut! On ne devrait donc que se satisfaire de cette démarche éco-responsable lancée par nos politiciens. Ne soyons pas dupe, et c’est sans doute une bonne chose, les politiques se mobilisent, touchés qu’ils sont par les nombreuses manifestations citoyennes pour le climat. Tout est dans tout! Le réchauffement climatique (j’en parlerai dans un autre « post ») c’est une conséquence d’une augmentation globale de la concentration en gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ces gaz proviennent pour la plupart de la combustion des énergies fossiles et de la dégradation thermique des plastiques. Alors oui réduisons fortement notre consommation de plastique! Mais quel plastique? Loin de moi l’idée de vous faire un cours sur la chimie des polymères, vous devez néanmoins savoir qu’il existe une multitude de plastiques différents aux propriétés différentes. Et ce sont souvent ces propriétés qui conditionnent la mise en oeuvre, les caractéristiques physico-chimiques du matériau. Ca veut dire quoi pour parler plus simplement? Autant je suis convaincu de la nécessité, de l’urgence même, de se passer des plastiques à usage unique (cotons tige, emballages, pailles, gobelets, bouteilles,…), autant je suis beaucoup plus sceptique quand on parle de « mobilier »! Certains plastiques sont vraiment fait pour durer! Leur impact environnemental doit se mesurer à la fois en terme de capacité de recyclage, mais aussi et surtout en terme d’empreinte écologique au niveau manufacturier et cycle de vie. Les alternatives bois, métal ou céramique ne sont pas nécessairement plus « vertes ». Alors quand on dit qu’on doit (qu’on va) bannir toute forme de plastique dans nos administrations, c’est complètement absurde! Il n’y aura plus d’imprimante sans plastique, il n’y aura plus d’ordinateur sans plastique pour ne prendre que ces deux exemples très parlants! Un retour en arrière (à la machine à écrire) est peu probable (et personnellement je ne le souhaite pas). Alors oui combattons avec force et conviction des attitudes, des habitudes, qui mettent en péril les générations futures, mais faisons le de manière intelligente et raisonnée !

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