RER en BW: le chantier reste immense !

RER en BW: le chantier reste immense !

Le cdH du Brabant wallon se réjouit de la reprise des chantiers du RER, prévue pour ce printemps : toute avancée sur ces lignes est positive, car en principe ce qui est fait n’est plus à faire ! Néanmoins, nous nous gardons bien de tout excès d’optimisme.

En effet, la tâche est encore immense pour parvenir à un RER performant et efficace au service des navetteurs.

En particulier, nous attirons l’attention sur trois éléments essentiels pour parvenir enfin au succès du projet RER :

  1. Il manque encore de cruciaux éclaircissements sur le financement post-2020 des chantiers afin de les mener à leur terme.
  2. La question des gares de bus au droit des gares RER doit être réglée.
  3. Cinq gares RER attendent encore des réponses essentielles quant à leur avenir pour accueillir les navetteurs de façon optimale.

Les travaux s'arrêteront-ils à nouveau en 2020 ?

Si les travaux du RER peuvent reprendre aujourd’hui, c’est grâce au fait que la SNCB et Infrabel disposent d’une enveloppe spécifique issue du Plan d’investissements pour le rail qui court jusqu’en 2020. Or à ce jour, les financements pour la poursuite des chantiers au-delà de cette période ne sont pas encore assurés.

Il faudra pour ce faire que les autorités politiques fédérales et régionales se mettent d’accord sur trois accords de coopération interrégionaux parallèles :

1 entre le Fédéral et la Wallonie pour les travaux du RER ;

1 entre le Fédéral et la Flandre pour d’autres travaux en Flandre (type RER Anvers) : la Flandre veut obtenir au moins 368 millions d’euros ;

1 entre le Fédéral et les 3 régions, qui chapeaute les deux autres accords. Cet accord a été avalisé par le Conseil des ministres le 2 février dernier, mais il doit encore passer par le Conseil d’Etat. A ce jour cependant, le texte ne se trouve pas encore sur la table du Conseil d’Etat.

Lorsque ces accords auront été signés par les gouvernements, ils devront encore franchir, chacun, l’étape parlementaire dans les 4 parlements concernés ! Le cdH du Brabant wallon souhaite vivement que ces accords soient rapidement bouclés et avalisés par lesdites assemblées parlementaires. Mais vus les enjeux politiques et parfois communautaires qui sont en jeu, et vu la complexité et la difficulté de l’action politique, nous craignons que cette procédure prenne encore du retard, voire qu’elle bloque une nouvelle fois l’avancée du RER.

Les bus TEC, partie intégrante du RER en Brabant wallon

Un Réseau Express Régional ne se conçoit pas exclusivement autour du réseau ferroviaire. Entre le domicile du navetteur et la gare de trains, les bus du TEC assurent en Brabant wallon le premier maillon du transport en commun vers la métropole. Il est important que ce service puisse être opéré avec efficacité, confort et sécurité : les bus doivent donc pouvoir circuler et stationner aisément à proximité directe des gares.

Le constat aujourd’hui établi par le TEC du Brabant wallon ainsi que par les communes concernées est que la plupart des gares de bus sont saturées. Depuis des années, TEC et communes effectuent le relevé de la situation existante à chaque gare RER en BW, ainsi que des besoins pour rencontrer la demande des voyageurs. Il en résulte que de nombreux aménagements sont nécessaires à proximité directe des gares RER, afin d’améliorer tant le confort et la sécurité des usagers que la fluidité du trafic dans ces zones.

En particulier, pour l’ensemble des gares RER de la Province, il manquerait à ce jour 25 quais de bus (sur 55 existant). Partant de ce constat, le cdH du Brabant wallon formule deux souhaits :

Sur le financement de ces aménagements :

selon l’accord de coopération passé en 2001 sous l’égide de la Ministre Ecolo Isabelle Durant, le Fédéral aurait dû participer au financement de ces infrastructures dans le cadre des chantiers du RER. Malheureusement, il semble bien que la charge incombe désormais en totalité à la Région wallonne. Dans cette optique, Philippe Matthis a écrit en date du 26 janvier au Ministre wallon Di Antonio afin que ces infrastructures soient financées dans le cadre du Plan wallon d’investissements 2019-2024, lequel réserve au moins deux enveloppes à cet effet, pour un montant global de 1,130 milliard d’euros. Il semble que la position du Ministre soit favorable.

Sur la mise en œuvre :

afin de favoriser la qualité du service aux usagers du bus, mais également la qualité des déplacements des autres usagers de la voirie aux abords des gares, il y a lieu de mettre en place dans chaque commune une task-force TEC-communes-RW pour concevoir le projet le plus performant à tous points de vue.

Quelles gares pour le futur RER ?

Un montant global de 155 millions a été réservé par le Ministre fédéral de la Mobilité pour la rénovation/construction de cinq gares sur le parcours des deux lignes RER en BW, à savoir : Waterloo, Braine l’Alleud et Nivelles pour la L124 ; Rixensart et Ottignies pour la L161. Hormis la gare de Waterloo, qui sera cofinancée par Infrabel, les quatre autres dépendront uniquement de l’enveloppe SNCB.

Même s’il subsiste des doutes quant au projet de nouvelle gare à Braine l’Alleud, on doit donc considérer que l’enveloppe de 155 millions doit permettre l’ensemble de ces travaux. Bien entendu, le renouvellement quasi-intégral de la gare d’Ottignies, qui dispute chaque année à Namur le titre de gare la plus fréquentée de Wallonie, devrait absorber au moins 60 millions. Mais ce montant sera-t-il suffisant vue l’ampleur de la tâche à réaliser ?

Rien n’est moins sûr! C’est pourquoi le cdH du Brabant wallon demande qu’une task-force soit mise sur pieds, rassemblant les autorités fédérales et régionales, les instances de la SNCB, et les acteurs locaux, et cela afin de trouver des solutions acceptables par tous à propos des gares RER et de leurs abords.

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